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 Papa Charlie...

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sylvie94
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MessageSujet: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:05

Auteur : Sylvie
Adresse : sylvianefulgoni94@tele2.fr
Catégorie : Une autre alternative
Terminé
Rating : PG 13 ans par principe
Personnages : Harm, Mac, les Amiraux Chegwidden et Boone, Clayton Webb et les principaux personnage de la série.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de DBP et Bellissarius Pod. Je n'ai fait que les emprunter………..
Résumé : Un grand bouleversement dans la vie de Harm, qui n'avait pas besoin de çà !
NDA : Cette histoire pourrait être le premier épisode de la 11e saison. Je l'ai située quelques mois après "Fair Winds and Following Seas". J'ai pris quelques petites libertés avec la série et j'ai ajouté des personnages de ma propre imagination, même si l'un d'entre eux se reconnaîtra. Des personnages de la série je n'ai gardé que tous ceux qui nous ont fait rêver durant 9 saisons, à l'exception du Général Cresswell, pour la logique du récit.


Un grand merci à Cat, ma fidèle illustratrice


Dernière édition par le Mer 6 Déc - 21:59, édité 2 fois
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Ginie
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:06

chouette, chouette j'adore cette fic Sylvie santa
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sylvie94
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:14

Prologue



Résidence des Roberts
Virginie - 25.12.2005


Sarah entra dans la chambre. Depuis l'avant-veille qu'elle l'occupait, elle ne cessait d'en apprécier le charme… Harriett avait véritablement un goût exquis. Cette pièce était à l'image de la maîtresse de maison, douce, accueillante. Un véritable havre de paix et de sécurité, élégamment décoré, mais sans ostentation, les tapisseries de style anglais, le mobilier, les bibelots, tout avait été choisi avec soin…

Elle s'approcha de la fenêtre. La neige qui était abondamment tombée depuis une quinzaine de jours, recouvrait les alentours… Instinctivement, elle porta sa main gauche à son cou pour resserrez le châle posé sur ses épaules, le rubis serti de diamant qu'elle portait scintilla sur la vitre, mêlant ses éclats aux mille feux de la guirlande électrique accrochée au sapin que Bud et Michey avait planté dans le jardin.
Elle sourit à cette image. La maison était pleine, Harriett et Bud avait organisé le repas de Réveillon après le prêche de l'Aumônier Turner, qui les avait réuni la veille au soir, avec Mattie, Sergei et Lauren, l'Amiral, Jennifer, Sturgis avec Vareze et l'Amiral Boone… Elle entendait, monter du rez-de-chaussée, le brouhaha des conversations, le rire des enfants mais atténués comme par magie.

MAGIQUE !… CE NOËL RESTERAIT A JAMAIS GRAVE DANS LE CŒUR DE SARAH…

Certes, depuis son arrivée au JAG, près de dix ans auparavant, elle n'avait plus jamais connu la solitude le soir de cette fête, même l'an passé alors qu'elle avait eu ce stupide accident de voiture ! Elle s'était retrouvée à l'hôpital, pleine de bleus, le visage marqué par l'airbag, mais Harm accouru à son chevet, avait passé la nuit à ses côtés avant de la ramener chez elle dans la journée du lendemain… Harm !… Que faisait-il pendant qu'elle rêvait devant cette fenêtre ? Quand elle avait quitté le salon quelques minutes plus tôt, il écoutait religieusement, son magnifique regard bleu fixé sur son interlocuteur, le récit que ce dernier faisait pour lui et deux ou trois autres convives….

Sans comprendre pourquoi, elle frissonna à cette pensée… Elle se retourna vers l'intérieur de la chambre, cherchant à vérifier qu'elle était bien éveillée, qu'elle n'était pas la proie d'un de ses terribles cauchemars. Elle s'avança vers le guéridon où s'étalaient ses cadeaux… Non, elle ne dormait pas, tout était réalité, y compris le souvenir des dernières semaines qui lui revenait en mémoire à l'évocation de Harm... Elle l'entendit éclater de rire, une multitude d'images défila alors devant elle, la ramenant une vingtaine de jours plus tôt ….

-*-*-*-*-*-*-*-

_________________
Sylvie

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Ginie
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:18

Vivement la suite, quoi que je la connait, mais pas grave, très heureuse de la relire flower
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sylvie94
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:23

Centre International des O.N.G. - Berlin
Allemagne - 05.12.2005


- Salut Pierre, voilà un moment qu'on ne s'est pas vus,
- Content de te voir Rudy, tu étais en ballade en Indonésie paraît-il ?
- Je m'en serais passé, tu peux me croire.
- Je m'en doute... Un homme est arrivé ici il y a près d'une semaine, j'aimerais que tu le rencontre, je voudrais ton avis.
- Tu as besoin d'un diagnostique ? Ce n'est pas ton genre…
- Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai la conviction que ce pauvre bougre est un rescapé des goulags. Il s'exprime en russe et dans un allemand assez approximatif. Mais il a eu une crise de paludisme, et dans son délire, il parlait en américain ou anglais, comme tu voudras !
- Quel âge à peu près, il est blanc ?
- Autant que toi et moi, les yeux bleus très expressifs qui dénotent une volonté farouche. Il doit avoir entre 65 et 70 ans, peut-être un peu moins. Il a des traces de blessures, voire de tortures et ses mains… Pas celles d'un bureaucrate. Il se dégage de cet homme quelque chose qui en impose. Ce n'est pas un clochard, il était propre à son arrivée, comme les quelques hardes qu'il transporte. A part quelques euros nous n'avons trouvé sur lui que deux coupures de magasines représentant un pilote américain. L'une me dit quelque chose, mais je n'arrive pas me rappeler quoi. Il n'a aucun papier.
- Tu as contacté l'Ambassade US ?
- Surtout pas, tu sais comme moi que le sujet est tabou chez eux, la Politique mon cher, j'ai prévenu cette Association des Vétérans, à l'Ambassade de France, qui recherche les prisonniers de guerre retenus en URSS, pour l'instant, ils n'ont rien, mais j'ai confiance, ils font du bon boulot.
- Il est trop jeune pour avoir fait la seconde guerre mondiale, d'où viendrait-il ? Vu l'âge, s'il est américain, il n'a pu aller qu'au Vietnam.
- Et alors, çà te surprendrait ? Quand on sait le nombre de disparus qu'ils ont laissés là-bas, j'ai vu le mémorial de Washington, c'est impressionnant !
- Ecoute Pierre, j'ai travaillé en Asie avec un américain, je ne sais rien de ses occupations par le passé, mais ce n'était pas du tourisme, même s'il a beaucoup voyagé… Il connaît beaucoup de monde. Il arrive tout à l'heure à Tegel, il va rester quelques jours ici, si tu veux que je te l'amène. Vers 18 h, çà te va ?
- Parfait, si je n'étais pas là, demande mon assistante Karin Petersen, c'est son protégé, elle en sait autant que moi. Mais à moins d'un coup dur, je serai au rendez-vous.

Quelques heures plus tard le Dr Rudy Ziegler et son ami pénétraient au Centre des O.N.G.
- Bonsoir, je viens voir le Dr Pierre Thomas ou son assistante Karin Petersen,
- Je suis Karin, vous êtes le Dr Ziegler ?
- Oui et voici mon ami et compagnon de galère, Clayton Webb.
- Très heureux, Mademoiselle.
- Egalement Messieurs, Pierre vous attend, il est en salle de soins, voulez vous me suivre.

Ils longèrent les couloirs du vieil immeuble situé dans le quartier de Spandau, près de la célèbre citadelle. La bâtisse sommairement rénovée abritait depuis 1990, diverses organisations humanitaires. De la salle le Docteur les vit venir :
- Rudy ! J'en ai pour une minute, il échangea quelques mots avec un bénévole et s'approcha du groupe,
- Laisse-moi te présenter l'ami dont je t'ai parlé, se tournant vers celui-ci, Clayton Webb, voici le Dr Pierre Thomas.
- Enchanté, dit Webb, Rudy m'a parlé de votre inconnu, pouvons-nous le voir ? Je pourrais peut-être vous aider, du moins sur un point.
- Ah oui, lequel ? demanda Pierre
- L'identité du pilote, s'il a fait la une des journaux, ce n'est pas n'importe qui !… Il se peut que je l'ai rencontré ou que j'en ai entendu parler….
- Allons rendre visite à Charlie, Karin veux-tu apporter les photos ? Nous l'appelons ainsi, car dans son délire il a souvent parlé du Checkpoint…
- Checkpoint Charlie : c'était la porte de la liberté durant la Guerre Froide, Docteur !
- Raison de plus pour penser à un ancien prisonnier !….

L'homme reposait sur son lit. Il avait repris des forces depuis son arrivée. Rasé, les cheveux coupés, il portait un survêtement impeccable, cette tenue sportive accentuait son élégance naturelle. S'il communiquait peu, il parlait avec Pierre et surtout avec Karin. En entrant dans la petite chambre, Rudy perçut une légère crispation sur le visage de Webb.
- Comment allez-vous Charlie, dit Pierre, je vous amène des amis que vous verrez de temps en temps.
- Bonsoir Monsieur, poursuivit Clayton en anglais, l'homme leva vers lui des yeux bleus où passa une lueur de méfiance, lui rappelant un regard souvent affronté. Pour toute réponse Clayton dut se contenter d'un geste de la main.
- Voilà les photos que vous vouliez Monsieur, dit Karin, tendant les feuilles à Webb.
- Seigneur ! C'est bien ce que je craignais… Pouvons-nous discuter dans votre bureau toubib ?
- Bien évidemment, venez. A bientôt Charlie.

Dans le bureau, Pierre fit asseoir ses visiteurs :
- Tu connais ces photos Clay ? interrogea Rudy
- C'est le moins qu'on puisse dire, ce pilote est un de mes amis. Le Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb Junior. Il travaille pour le JAG à Washington, du moins jusqu'à l'année dernière.
- Dans son délire, Charlie parlait de "arm", de "hammer" et du "Checkpoint"…
- Arm ? Je dirais plutôt "Harm", le diminutif de Harmon, quant à "Hammer" c'était le pseudo de son père. Il était pilote de chasse dans l'Aéronavale, il a été abattu au Vietnam à Noël 1969 !..
- Il a aussi prononcé fréquemment "Trich", est-ce un prénom américain ? demanda Karin
- C'est un diminutif de Tricha, Patricia, le prénom de la mère du Capitaine ! Votre homme semble avoir des points communs avec ce "Hammer". C'est tout ce qu'il a dit ?
- Du moins, ce qu'on a pu comprendre, mais ces mots revenaient souvent dans son délire, affirma Karin.
- J'ai eu en main une photo du Lieutenant Rabb datant de 1980, elle ressemblait assez à cet homme. Avez-vous fait faire une analyse ADN ?
- Pas encore, dit le Dr Thomas, avec cette crise de palu… Pouvez-vous entrer en contact avec ce Capitaine. Si c'est son père il sera sûrement heureux de le savoir.
- Le seul ennui, c'est qu'il le croit mort. Il l'a cherché partout, du Vietnam en Sibérie. Là-bas, il y a quelques années, une femme lui a affirmé qu'il avait été tué par des soldats russes. Il faut être sûr de ce qu'on avance avant de lui en parler.
- Pourquoi l'avoir cherché en URSS, il a toujours été dit qu'aucun ressortissant américain n'était détenu par les Russes, observa Rudy
- Tu crois ces conneries, en ce qui me concerne, je ne parierais pas un kopeck… rétorqua Pierre,
- Et vous auriez raison, affirma Clayton…. Je peux me charger d'entrer en contact avec le Capitaine Rabb et obtenir ses tests sanguins. Mais surtout, pas un mot à notre ambassade sur la présence de ce réfugié, pas plus que sur mon intervention. Essayez de le faire parler, nous pourrions avoir à faire à quelqu'un d'autre, ayant des activités beaucoup moins glorieuses que celles de l'officier auquel nous pensons.
- Entendu, nous allons continuer à apprivoiser "Charlie", mais avant tout, faire procéder à l'analyse ADN, répondit Pierre d'un air songeur.
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sylvie94
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:28

Q.G. du JAG pour le Pacifique - San Diego
Californie - 06.12.2005


- Colonel, j'ai un appel pour vous, l'Amiral Chegwidden, Madame !
- Un instant Jennifer, demandez-lui de patienter deux secondes, je termine avec le Capitaine Clark.

Le Colonel Sarah Mackenzie coupa court son entretien et reprit la ligne :
- Amiral ! Quel plaisir d'entendre une voix amie dans ce désert.
- Mac, je m'en veux de n'avoir pas donné de mes nouvelles, j'étais en Italie. Et mon premier appel concerne une affaire grave… Je ne sais trop comment vous annoncer cela, c'est si incroyable !
- Dîtes Amiral, je peux tout entendre, vous le savez bien.
- Il s'agit de Harm, rassurez-vous il va bien… Mais on m'a contacté hier parce que … on aurait retrouvé son père vivant !
- Amiral ce n'est pas possible !… Harm est au courant ?
- Non. La personne qui a, en partie, identifié le Lieutenant Rabb veut être sûre avant d'affirmer quoi que ce soit. Imaginez le scandale s'il s'avère que c'est bien lui, après tout ce qu'Harm a entendu de la part du Secrétariat d'Etat, je n'ose imaginer sa réaction.
- Qui a découvert cet homme et où, Monsieur ?
- Il a été amené à un centre d'O.N.G. à Berlin. Des touristes l'ont trouvé à moitié mort d'épuisement dans un parc de la ville. Il avait sur lui deux coupures de magasine représentant Harm. Les médecins l'ont entendu prononcer les noms de Harm et Trich dans son sommeil.
- Mais comment ont-ils pu remonter jusqu'à Harm ? L'un d'entre eux le connaît ?
- Oui Mac… Clayton Webb. Vous comprenez pourquoi il a préféré s'adresser à moi, il travaille pour des O.N.G. depuis qu'il a quitté la CIA. Des examens sanguins sont en cours, j'ai demandé au Capitaine Coulter de leur communiquer les tests d'Harmon.
- Seigneur !… Que puis-je faire ?
- Mac ! S'il faut annoncer la nouvelle à Harm… Vous étiez avec lui en Sibérie quand il a appris la mort de son père…. A ce propos, une Association Franço-Allemande aimerait avoir votre témoignage pour d'autres éventuels survivants... Si les résultats sanguins sont positifs, je peux me rendre à Londres.
- Amiral, laissez-moi le temps de joindre Cresswell. Je peux aller directement à Berlin ou à Londres, il faut que je réfléchisse à ce qui est le mieux pour Harm. Mais surtout, assurez-vous qu'on ne lui dise rien sans certitude absolue, et sans que l'un de nous soit près de lui.
- Webb y veille personnellement, on peut lui faire confiance. Mais de votre côté ne faites rien que vous puissiez regretter Sarah !
- C'est déjà fait Amiral, je n'ai plus rien à perdre, avec ou sans l'accord de Cresswell je vais en Europe, j'ai des congés à prendre, c'est le moment. Si ma carrière doit y rester tant pis.
- Colonel ! vous risquez gros. Vous avez un poste important que beaucoup vous envient.
- Je sais Monsieur, mais j'ai repoussé l'homme que j'aime pour ce poste et çà, je le regrette chaque jour davantage depuis bientôt six mois !…
- Je comprends. Je vous tiens informée dès l'appel de Webb.
- Un instant Amiral, voulez-vous noter un numéro et le donnez à Clay, çà peut lui servir : S 394652
- Qu'est-ce que c'est Colonel ?
- Le numéro du Lieutenant Rabb dans les dossiers du KGB. Harm, lors de son voyage en Californie avant de partir en Russie, avait recueilli cette information auprès d'un ancien pilote russe, Victor Louchov, un ami de son père. Nous avions trouvé le dossier à Moscou, mais il était vide hélas…
- Je me souviens de cette histoire, je transmets à Webb, vous avez une mémoire infaillible, Mac.
- Monsieur, ce sont des choses que l'on n'oublie pas. Je me prépare et j'attends votre feu vert.

Mac était anéantie. Il était hors de question qu'Harm soit seul devant cette nouvelle épreuve. Si c'était son père, comment allait-il réagir ? L'état de l'homme soigné à Berlin semblait fragile. Harm dans sa quête perpétuelle, n'avait jamais envisagé retrouver son père diminué, malade… Et s'il devait arriver devant un mourant, le choc serait terrible. Il n'avait jamais vraiment admis l'idée de sa mort ! Je dois aller à Londres, conclut le Colonel.

Mais comment va-t-il m'accueillir ? Depuis près de six mois que nous avons rompu par ma faute, nous nous sommes parlés quatre ou cinq fois… Pourtant je ne peux pas le laisser affronter cela… se dit-elle.

Elle sonna Jennifer.
- Madame ?.. La jeune femme remarqua le visage défait du Colonel, il n'est rien arrivé de grave ?
- Çà dépendra des résultats ! L'Amiral vient de m'annoncer que le père du Capitaine Rabb serait vivant !
- Vivant ! Madame, mais…
- Oui Jennifer, c'est insensé… C'est moi qui lui ai traduit l'annonce de sa mort !.. Mais si l'information est exacte, je dois allez à Londres au plus vite. Voyez ce que vous pouvez me trouver comme vol. Dans deux ou trois heures s'il le faut, mais je pars. Demandez au Capitaine Mattoni de venir me voir pour que je lui transmette les consignes. En attendant, j'appelle au Q.G.

Elle consulta la pendule, le Général devait être à son bureau.
- Bureau du Général Cresswell…
- Bonjour, ici le Colonel MacKenzie, pourriez-vous me passer le Général s'il vous plaît ? Quelques secondes plus tard, Mac reconnut la voix sèche de Cresswell.
- Comment allez-vous Colonel, que puis-je pour vous ? Auriez-vous un problème avec l'affaire Barnes ?
- Non Général, aucun, je vous remercie. Mon appel est d'ordre privé. Je dois faire face à un imprévu, j'aurais besoin de huit à dix jours de congés ! Je suis désolée de m'y prendre au dernier moment…
- Si le Capitaine Mattoni peut vous remplacer, c'est d'accord, vous n'avez pas encore pris vos congés. J'aimerais néanmoins que vous restiez joignable dans la mesure du possible.
- Merci Général, on pourra me contacter facilement. Elle raccrocha un peu surprise, elle s'attendait à devoir batailler… Cresswell était dans ses bons jours !…

Domicile de l'Amiral Chegwidden
USA. - 06.12.2005


Les paroles de Mac résonnaient aux oreilles de l'Amiral. Il se sentait coupable. Il avait pris sa retraite sur un coup de tête, sans attendre la nomination de son successeur !.. Lui l'ancien Commando avait quitté le navire sans s'inquiéter du sort de ses hommes. Le Haut Commandement avaient tergiversé des semaines, avant de nommer un protégé du Président ! Un Colonel de Marine promu général pour la circonstance, qui détestait en bloc les marins, les pilotes, les femmes militaires et les audacieux mesurant plus de 1.75 m ! Il avait décapité le JAG en moins de trois mois. Mac était à San Diego avec Coats et Mattoni, Harm à Londres avec Manetti et Tiner, Turner dans le Golfe Persique. Seul Bud avait échappé au désastre, Harriett ayant pris une disponibilité de trois ans…

Si l'homme retrouvé à Berlin était bien le Lieutenant Rabb, il fallait limiter les dégâts vis à vis de son fils, et venir en aide à Mac !… D'autant qu'entre ces deux-là, c'était toujours l'éternel problème, ils n'avaient pas trouvé le moyen de régler leurs histoires de cœur ! Il appela Webb :
- Chegwidden à l'appareil !
- Amiral, avez-vous pu joindre Sarah ?
- Elle part immédiatement, elle est à San Diego ! Elle compte faire escale à New York ou Washington afin d'avoir les résultats. S'ils sont affirmatifs, elle ira à Londres avertir Harm.
- J'ignorais qu'ils avaient l'un et l'autre quitté la Capitale. Le Capitaine Coulter m'expédie les tests sanguins de Rabb, demain matin au plus tard. Nous saurons donc très vite à quoi nous en tenir. Mais je suis quasiment convaincu qu'il s'agît bien du Lieutenant Rabb…
- Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
- J'ai réussi à lui parler un peu, il s'exprime parfaitement dans notre langue. Son regard, ses traits, rappellent étrangement Rabb ainsi que des expressions dans son comportement. Il est méfiant, on sent chez lui une volonté de fer. Ce qui expliquerait sa résistance à trente six années de captivité et d'errance. Quand je l'ai questionné sur les photos, il n'a rien répondu, mais ses yeux se sont brouillés de larmes… Par ailleurs, les toubibs ont trouvé sur son bras un reste de tatouage ressemblant à un numéro.
- Les Russes ne tatouaient pas leurs déportés que je sache, mais Mac m'a chargé de vous donner un numéro pouvant vous être utile : S 394652 !
- Bingo ! C'est ce que je voulais, un numéro du KGB. Il l'aura fait tatouer de lui-même au cas où… D'où tient-elle ce renseignement ? Je ne mets pas sa mémoire en doute mais..
- Il a été donné à Harm, par un officier russe en Californie…
- Victor Louchov ! N'en dites pas plus Amiral, je vérifie cela avec les médecins !…
- Ouais… Clayton, il y a quelqu'un d'autre qui pourrait nous aider, l'Amiral Bonne. Il était le meilleur ami de Hammer. Je vais le prévenir et si possible, me rendre en l'Europe avec lui, soit à Londres, soit à Berlin ! Dès que vous avez du nouveau, appelez-moi. Et… Je suis assez d'accord avec vos conclusions ! A bientôt Webb.

Aussitôt après, il composa le numéro de l'Amiral Boone.
- Bonjour Tom, je ne te dérange pas ?
- Qu'est-ce qui t'amène, tu sembles contrarié A.J. ?
- C'est le moins qu'on puisse dire. Tom attends-toi à subir un choc mon vieux !…
- Dis, je t'en prie, qu'est-ce qu'il arrive, ce n'est pas Harm ?
- Non, mais… C'est son père… On aurait retrouvé le Lieutenant Rabb vivant…
- Quoi ! A.J. tu n'y penses pas, depuis plus de trente cinq ans !… J'espère qu'Harm n'est pas au courant d'une telle ânerie, pour ne pas dire mieux…
- Le Colonel MacKenzie ne veut pas qu'on l'alerte sans être sûr.
- Dieu merci, en voilà une qui a les pieds sur terre. D'où tiens-tu cette histoire ?
- C'est toute une histoire en effet … Chegwidden donna les détails dont il disposait avant de continuer : Tom il faut se rendre à l'évidence, dans quelques heures, nous serons définitivement fixés, les tests sanguins sont irréfutables…
- Dans ce cas, je vais directement en Allemagne, même après tant d'années, il doit subsister des signes qui ne devraient pas me tromper… Et j'aimerais savoir par où et comment il est arrivé là en un seul morceau… Sans oublier le plaisir à revoir Tempelhof et la Clay Allee, dit-il pour masquer son émotion
- OK, Tom. J'envisage d'aller à Londres, épauler Mac, auprès d'Harm. Toi, tu files sur Berlin.
- Entendu A.J… Mais si Harm a le Colonel près de lui, tu peux venir avec moi, ils se suffiront à eux seuls, tu sais ce qu'ils ont affronté tous les deux… Même si ce coup-là, il ne s'y attendait certainement pas… Et moi non plus !
- Nous d'accord... Pour Mac tu as raison, vois ce que nous pouvons trouver comme vol, j'essaie de mon côté. Je te rappelle.
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sylvie94
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:33

Q.G. du JAG pour le Pacifique - San Diego
Californie - 06.12.2005


Jennifer, comme à son habitude n'avait pas traîné. Le Colonel avait besoin d'elle…. Quant au Capitaine, elle aurait mis sa propre vie en jeu pour lui venir en aide, la nouvelle le concernant la laissait à la fois heureuse et dubitative.

En une demie heure elle avait trouvé une solution :
- Colonel, j'ai appelé la base de Miramar, si vous pouvez être prête dans environ deux heures, vous avez un vol pour Washington, à 12 h 15 très exactement, ce n'est pas trop court ?
- C'est bon Jennifer, retenez-moi la place. J'ai l'accord de Cresswell … Je file chez moi, j'ai largement le temps de préparer mon sac… Pourrez-vous passer à mon appartement. Vous regarderez dans le frigo et si vous voulez bien vérifier que Juana vient pour le ménage, çà m'arrangerait.
- Ne vous inquiétez pas Madame, j'y veillerai. De votre côté, tenez-moi au courant pour le père du Capitaine.
- Evidemment, et vous saurez par Mattie, mais je vous appellerai. Fermez mon bureau, je vous confie tout cela. Elle tendit le trousseau de clés à Jennifer et sortit.


Bureau du Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb Jr
Q.G. du JAG pour l'Europe - Londres - 09.12.2005


Le Quartier-maître Pédretti posa la pile de dossiers sur le bureau. Elle est superbe, songea Carla, en regardant la photo posée près de la lampe. A chaque fois qu'elle pénétrait dans cette pièce, elle ne pouvait s'empêcher d'admirer ce portrait. Cette femme la fascinait avec ses yeux sombres bordés d'or, ses longs cheveux bruns balayés par le vent, et sa chemisette bleue ouverte sur un collier de perles. Elle connaissait son histoire à la fois triste et romantique. Le hasard avait voulu qu'une ancienne collègue, Jennifer Coats, soit l'assistante de cette belle inconnue : le Colonel de Marines Sarah MacKenzie, elle aurait été la fiancée du Capitaine d'après la rumeur…

Depuis bientôt six mois qu'ils étaient installés ici, personne ne lui connaissait de petite amie, il était toujours seul. Les appels téléphoniques qu'elle recevait pour lui, venaient de sa fille adoptive, de sa mère, parfois de sa belle-sœur ou d'Harriett, une amie. En dehors d'elles, aucune femme… Il avait souvent l'air triste, lointain. Pourtant quand il souriait… Comme tant d'autres avant elle, la jeune femme était sous le charme dévastateur du Capitaine…
- Bonjour Carla, comment çà se passe ici ?
- Commandant ! Elle sentit le rouge lui monter aux joues, il n'en vit rien… Vous ne deviez rentrer que ce soir, je n'ai pas terminé votre rangement !
- Ce n'est pas grave, avez-vous rédigé mes rapports ? Je suis passé pour les signer. Je compte prendre quelques jours de repos et je voudrais les expédier à Washington avant le week-end.
- Pas de problème Commandant, tout est prêt, vos messages sont là.

La jeune femme repris ses dossiers et quitta le bureau. Le patron ne semblait pas de très bonne humeur, autant le laisser tranquille. Pourtant sa tournée d'inspection en Italie s'était bien déroulée, il le lui avait écrit en expédiant ses notes. Il est peut-être fatigué, et Noël approche ! Etre seul en cette période n'a rien de très réjouissant ! Elle n'avait pas osé lui poser la question, devant lui elle perdait ses moyens… Au fond de son cœur, elle savait, sans l'admettre, qu'elle en était amoureuse !….

Toute à ses réflexions elle s'assit à sa table de travail sans voir que quelqu'un entrait.
- Quartier-maître Pédretti ?
- Oui Madame, que puis-je pour vous ?
- Colonel Sarah MacKenzie, je vous en prie, restez assise. Le Capitaine Rabb est-il là ?
- Oui Colonel, vous êtes attendue ?.. Elle reconnut la femme du portrait, elle est encore plus belle, pensa Carla en son for intérieur,
- Non ! Ne le dérangez pas, je peux attendre, mais si vous aviez quelque chose à lui porter, je lui ferais la surprise.
- Je peux lui proposer un café, Madame ?… Elle appela le Capitaine.
- Bonne idée Carla, répondit Harm, apportez-moi en même temps, le rapport de Milan.
- Bien Monsieur, tout de suite.
- Donnez-moi cela, dit Mac avec un sourire espiègle, je me charge de la commission.

Elle prit la tasse et le dossier, et entra dans le bureau. Harm tournait le dos. Debout devant la fenêtre, il regardait le jardin légèrement blanchi par la neige et le gel, où les arbres dénudés dressaient leurs branches noircies vers le ciel, baigné par un pâle soleil d'hiver.
- Posez tout sur la table basse, merci Carla.
- Désolée, mais ce n'est pas Carla !

Harm tourna la tête en direction de la porte, son visage se figea. Malgré la clarté extérieure et les grandes baies vitrées, la pièce était légèrement sombre. Il cligna des yeux et hésita un instant :
- Sarah ?
- Ce n'est pas mon fantôme. Elle s'approcha de lui jusqu'à le frôler, malgré l'envie folle qu'elle avait de se jeter à son cou. Il la pris dans ses bras et la serra à lui couper le souffle. Ils restèrent enlacés, un instant, une éternité. L'écartant doucement, il plongea son regard bleu dans le sien, elle lui répondit par le baiser qu'il n'osait espérer…
- Ma Chérie, que fais-tu ici ? Pourquoi n'avoir rien dit, je n'aurais pas dû être là aujourd'hui !
- J'ai tenté ma chance. Si tu n'avais pas été présent, j'aurais attendu ton retour. Et puis je ne savais pas trop si tu accepterais de me recevoir.
- Le soleil de Californie vous aurait-il tapé sur la tête, Colonel ?.. Il lui mit un baiser sur la bouche avant de continuer. Tu seras toujours la bienvenue, tu le sais bien… Harm dévisageait Sarah avec avidité, il voulait se persuader de sa présence. Soudain il remarqua une expression tourmentée.
- Tu me caches quelque chose. Dieu sait si je suis heureux de te voir, mais qu'y a-t-il ? Sarah, ne me dis pas que je me trompe, je te connais trop pour çà. Tes ennuis de santé ?… Je t'en prie dis-moi !
- Ma santé va plutôt bien, c'est un miracle… Seigneur, pensa-t-elle, c'est la série... Allons nous asseoir dans le canapé près de la cheminée Harm, je ne sais par où commencer…
- Peu importe, si ta santé n'est pas en cause c'est le principal, pour le reste, commence comme tu voudras… Mais tu as froid, tu trembles…
- Non Harm… Çà va aller… J'ai quelque chose à t'apprendre qui va te paraître fou !…
- Il est arrivé un problème à Mattie, à ma mère ?
- Rien de tout cela, j'ai vu Mattie hier chez Bud et Harriett, elle va bien, et Trich aussi, je t'assure. Non il s'agit de quelqu'un d'autre… Dieu que c'est difficile !… Harm, on a trouvé un ancien déporté à Berlin. Et cet homme possédait des photos d'un pilote américain…
- Qu'y a-t-il d'extraordinaire là dedans ? J'ai moi-même figuré dans des magasines, disant cela il la regardait comme s'il commençait à entrevoir qu'elle allait lui dévoiler quelque chose de grave.
- C'est vrai, elles ont été publiées partout. Ce sont justement celles que possède l'homme en question… C'est un officier américain, pilote de l'Aéronavale, et…
- Et bien dis moi… Mac !
- C'est ton Père Harm !
- Pardon ! Que dis-tu ?… Sarah !.. Tu sais très bien que c'est impossible. Tu étais avec moi en Sibérie, rappelle-toi ! Il serra la main de la jeune femme, à la broyer.
- Je n'ai rien oublié, crois-moi. Mais il n'y a aucun doute possible, c'est bien lui, Harm… Les tests sanguins sont formels, ils ont été comparés aux tiens… L'Amiral Boone est à ses côtés depuis près de deux jours. Nous avons attendu avant de t'informer...

Elle lui raconta dans le détail le déroulement des événements. Harm l'écouta sans rien dire, les larmes roulaient sur ses joues sans qu'il s'en aperçoive.
- Ce n'est pas possible ma Chérie… Et ma Mère ?… Il s'était levé et arpentait la pièce en tout sens.
- Je me suis opposée à ce qu'on te donne de faux espoirs, en accord avec l'Amiral Chegwidden. Ni ta mère, ni Sergei et Lauren, pas plus que Mattie n'ont entendu parler de quoi que ce soit. Il nous fallait être sûrs. C'est le cas désormais, Harm !… Durant tout le trajet depuis San Diego, j'ai cherché comment t'annoncer cette nouvelle... J'ai aussi essayé de comprendre…
- Mais comment a-t-il pu survivre ? Te rends-tu compte ?…. Trente six ans, Sarah !… Ce n'est pas un jour ! Et dans quelles conditions ! Il a dû connaître un véritable enfer… Je sais qu'il avait une force de caractère exceptionnelle et une solide constitution, mais tout de même...

Il s'écroula sur le canapé la tête entre les mains, quelques minutes plus tard Sarah l'entendit pleurer. Elle s'assit près de lui et passa son bras autour de ses épaules. Elle le revit au moment où il avait trouvé ce carnet à bord du Hornett et se souvint de cette étrange rencontre au bord de la rivière, en Sibérie….

Une demie heure passa ainsi. La tête posée sur son épaule, Sarah respectait le plus grand silence, suivant sur le visage d'Harm, le cheminement de ses pensées. Peu à peu il s'apaisa. Se levant lentement il se dirigea vers la fenêtre où il se tenait lors de son arrivée. Il posa son front brûlant sur la vitre, la fraîcheur le soulagea, quand il se retourna, il avait retrouvé son calme du moins en apparence.

Mac ne s'y trompa pas. Il lui sourit :
- Je devrais être fou de joie… Mais je n'y parviens pas ! Je te remercie d'être venue Sarah. Une fois encore, dans un mauvais moment, tu es là.
- Je n'aurais jamais accepté que quelqu'un d'autre le fasse à ma place. La prenant par la main, il sentit une bague, il regarda : c'était celle qu'il lui avait offerte en juin dernier à Washington !…
- Tu portes toujours cette bague ?
- Tu as refusé de la reprendre, elle ne me quittera jamais Harm, je l'ai faite ajuster à ma main.

Il l'attira contre lui. Le souvenir de leur séparation en juin, hantait ses nuits. Au lendemain de cette folle soirée au Mc'Murphy's où il avait cru avoir enfin scellé son destin à celui de Sarah et où par cette nuit magique, ils étaient devenus amants, il y avait eu ce coup de téléphone qui avait tout anéanti.

Sarah apprenant qu'elle était malade pour de bon, se refusait à l'idée d'un mariage. Il avait tout tenté pour la raisonner, fou d'inquiétude et de chagrin, mais en vain. Devant son désespoir, elle lui avait demandé de lui accorder un an de réflexion, afin de voir comment son mal évoluerait. La mort dans l'âme il avait accepté et était parti pour Londres alors qu'elle rejoignait San Diego !

La pensée de son père lui revint à l'esprit. Les souvenirs lointains se pressaient dans sa tête, sa mère vêtue de noir, lui expliquant, le visage ravagé, que son père ne viendrait plus sans pouvoir lui dire pourquoi, son voyage au Vietnam et cette jeune fille abandonnée là-bas, la photo de 1980 à laquelle Trich refusait de croire, enfin Sarah lui annonçant l'irréparable avec cette femme, dans ce village perdu aux abords de la taïga…
- Harm ! En arrivant à Londres, j'ai réservé deux places sur un vol à destination de Berlin, ce soir à 19 h 15… Si tu le souhaites, nous pourrions aller le voir dès aujourd'hui !
- Que dis-tu ? … Elle répéta sa phrase, il lui sourit avant d'ajouter : tu as pensé à tout !
- J'ai eu le temps depuis San Diego. Veux-tu un peu de café ? Carla en a préparé ?
- Je vais en avoir grand besoin. Il saisit la tasse avec un sourire las.

Le Colonel voulait apaiser la tension nerveuse de son compagnon.. Approchant du bureau, elle regarda son portrait et le reposa, elle avait aperçu sur une commode la maquette du Stearman et la photo de ce père qu'ils rencontreraient dans quelques heures.
- Tu es installé comme un prince, cet endroit est magnifique !
- C'était l'un des Q.G. d'Eisenhower durant la guerre, d'où le portrait sur la cheminée, je l'aime beaucoup…
- C'est ici qu'il aurait connu cette histoire romantique avec une Anglaise ?
- Carla et ses copines nous en rebattent les oreilles, elles prétendent que l'ombre de Kay, c'était son prénom, habite les lieux… Elle était très jolie, je te montrerai son portrait dans la galerie…
- Et bien ! Te voilà en bonne compagnie… Comment se passent tes journées ici ?
- Je te raconterai tout cela. Mais nous avons un avion à prendre, ma Chérie, je vais prévenir de mon absence, dit-il reprenant le dessus. Où sont tes bagages ?
- A l'hôtel, il est sur la route de l'aéroport d'Heathrow. Pendant que tu donnes tes consignes, je vais appeler l'Amiral.
- Je n'ai pas encore compris ce qui m'arrive, mais, je suis content que tu sois auprès de moi, il l'embrassa avant de sortir.

Harm quitta la pièce, il s'était ressaisi. Elle attrapa son téléphone :
- Amiral, Mac à l'appareil. Je suis avec Harm, je lui ai appris la nouvelle.
- Comment a-t-il réagi, çà n'a pas été trop difficile ?
- Il encaisse le coup, mais c'est dur. Il ne réalise pas vraiment… Nous prenons l'avion dans la soirée, nous devrions être à Berlin vers 20 h 30 heure locale.
- Boone et moi avons pris la précaution de réserver une chambre supplémentaire dans notre hôtel, il n'est pas loin de l'aéroport, et à deux pas du Centre d'Hébergement. Voulez-vous que j'en demande une seconde ?
- Non Amiral, je ne voudrais pas vous choquer, mais une seule suffit. Même en d'autres temps, je n'aurais pas laissé Harm seul en pareilles circonstances.
- Très bien !… Nous viendrons vous accueillir, votre avion sera en provenance de Londres ?
- Oui Amiral, le vol de la British Airways. Comment va Hammer ?
- Plutôt bien, surtout quand on sait d'où il vient. Il sera heureux d'apprendre votre arrivée.
- Je m'en doute. A ce soir Monsieur et merci pour tout.
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:43

Centre International des O.N.G. - Berlin
Allemagne - 09.12.2005


- Amiral, vous venez rejoindre vos amis ?
- Oui Docteur. Notre miraculé va être content, son fils arrive ce soir à Tegel, avec son amie, ils ont eu de la place dans le vol en provenance de Londres. Comment vont-ils réagir d'après vous ?
- Hammer ? Tom l'a préparé à cette visite, ne vous inquiétez pas, vous allez le trouver transformé ce soir. Quant à son fils, vous le connaissez mieux que moi ?
- Il est solide, bien que tout ce qui touche à son père demeure malgré les années, une plaie ouverte. Mais la présence de Sarah lui est d'un grand soutien. Ces deux-là ont vécu tant d'aventures ensemble… Et ils sont fous amoureux…. Il y aurait de quoi écrire un roman !
- Eh Amiral ! Pourquoi pas, l'épisode de ce jour ne serait pas des moindres ! Sur cette réplique, Pierre sortit.

L'Amiral se dirigea vers la chambre de "Charlie"
- Alors A.J. quelles nouvelles ? demanda Tom
- Harm et Mac arrivent de Londres vers 20 h 30, je leur ai promis que nous les attendrions à l'aéroport pour les amener ici, qu'en pensez-vous Hammer ?
- Harm arrive ce soir ?
- Tu ne pensais pas qu'il allait attendre plus longtemps ? Il a passé les trois quarts de sa vie à te chercher. Il n'allait pas perdre une journée de plus. Il a hérité de ta patience ! Les trois hommes rirent de la boutade. Tom n'a pas son pareil pour dégeler l'atmosphère, pensa l'Amiral, écoutant les deux amis. Pierre avait raison, il était méconnaissable… Il portait un pantalon de flanelle grise et un confortable pull "marine"… Harm en plus âgé !…


Quelque part dans l'avion entre Londres et Berlin - 09.12.05

Harm avait juste eu le temps de préparer son départ au Q.G., de passer à son appartement prendre son sac. C'était déjà l'heure du départ. Un arrêt à l'hôtel de Mac, ensuite le chemin d'Heathrow, l'embarquement et ils s'étaient retrouvés assis dans l'avion. Tout s'était enchaîné très vite, ne laissant pas de place à la réflexion.
- Sarah ? Me reconnaîtra-t-il ? Pourra-t-il supporter le choc émotionnel ?
- Il aura l'impression d'être devant un miroir. Tu lui ressembles tellement, d'après Trich et l'Amiral Boone.. Je pense qu'il attend ta visite, il a dû rêver de ce moment autant que toi.
- Sauf que moi, je le croyais mort depuis plus de vingt ans…
- Personne ne pouvait imaginer qu'on nous ait menti… Essaie de te détendre Harm, de te montrer serein, heureux… C'est une merveilleuse nouvelle, après tant de chagrin… Pense à cela avant tout… Elle ajouta en souriant : j'espère qu'il me trouvera sympathique…
- Tu es magnifique. Il va tomber sous le charme… Que puis-je lui dire à propos de nous ?
- Nous ? Alors il y a encore un "nous"… après ce que j'ai fait…
- Chut !… Tu es là, c'est donc qu'il y a toujours un "nous" ma Chérie… coupa-t-il, en prenant sa main gauche.
- Dis lui ce que tu voudras, je te laisse le choix.
- Vraiment, je peux, tu ne changeras plus d'avis cette fois ?
- Sauf si tu refuses d'épouser une femme stérile mon Chéri, et peut-être au chômage quand Cresswell saura pourquoi je suis partie.
- Ce n'est pas un problème pour moi. Il y en aura d'autres, qui risquent de faire passer ton départ pour un acte de bravoure. Tu ne penses pas que je vais taire l'histoire de mon père. Il faudra bien qu'on me donne des explications. Ils vont avoir deux Capitaines Rabb sur le dos !… Tu sais qu'il a été élevé au grade de Capitaine de Corvette en 1972, à titre posthume ! J'ai bien l'intention de le faire réintégrer dans ses droits, et avec effet rétroactif !... Au risque d'y laisser ma carrière, je te jure Sarah, que çà va faire du bruit. Tu imagines ma Mère ! Elle se retrouve mariée à deux hommes à la fois ! Comment va-t-elle supporter ce choc ?
- J'y pense depuis que l'Amiral m'a appelée ! Quand elle a épousé Franck, ton père avait disparu depuis plus de dix ans, comment aurait-elle pu imaginer un tel scénario ?
- Je sais… Et qui peut nous dire s'il n'y en pas d'autres qui survivent Dieu sait comment, dans ce qui reste de l'URSS ?
- Tu pourras régler çà, avec cette Association Franco Allemande et avec Clayton, il s'est montré à la hauteur pour ton père.
- Attention Colonel, je suis jaloux !… Il obtint un baiser pour réponse. Mac sentait ses paupières s'alourdirent, elle posa sa tête sur l'épaule d'Harm et s'endormit.


Aéroport de Tegel - Berlin
Allemagne - 09.12.2005


Comme au départ de Londres, le débarquement fut rapide, leurs amis les attendaient dans le hall. Harm aperçut la haute stature de Chegwidden .
- Amiral ! Quel plaisir de vous voir ... Tom ! … Les deux hommes s'étreignirent aussi émus l'un que l'autre.
- Heureux de te voir, Harm, répondit l'Amiral Boone, avec un sourire mal assuré. A.J. et moi sommes contents de vous accueillir, bon voyage Colonel ?
- Je ne sais plus trop quel jour nous sommes, j'ai traversé la moitié de la terre pratiquement sans m'arrêter, mais à part cela tout va bien, je suis heureuse d'être là.
- Elle est exceptionnelle, lança Harm en la serrant contre lui. Les deux Amiraux échangèrent un regard étonné et ravi. Côté cœur, pour leur protégé tout allait bien.
- Quelqu'un nous attend, prenons vos bagages et allons-y… N'est-ce pas A.J. conclut Tom.


Centre International des O.N.G. - Berlin
Allemagne - 09.12.2005


Malgré l'heure tardive, Pierre Thomas, et Rudy Ziegler, attendaient le fils de leur rescapé. Webb leur avait raconté l'histoire peu commune de ces deux hommes séparés par la guerre, héros de l'Aéronavale U.S à vingt ans d'intervalle.

Rudy avait été d'autant plus impressionné par le récit de Clayton, que ce dernier était avare de compliment envers ses congénères. Quant à Pierre, des explications sur la photo d'Harm devant un C130, lui avait remémoré l'événement. Il avait de ce fait, une idée précise de l'homme qu'il allait rencontrer.

Un bruit de portières annonça l'arrivée des voyageurs.
- Je suis Pierre Thomas, Capitaine Rabb, je suppose ?
- Le Colonel Sarah MacKenzie, ma future épouse Docteur, ravi de vous rencontrer.
- Madame, soyez la bienvenue, permettez-moi de vous présenter mon confrère Rudy Ziegler, vous avez un ami commun tous les trois, je crois.
- En effet, heureux de vous connaître Docteur, vous faîtes un travail admirable. Clay n'est pas là ?
- Il est avec votre père, en l'absence de ces messieurs, il lui a tenu compagnie avec Karin, mon assistante et son ange gardien. Veuillez me suivre. Capitaine, juste un mot, l'état de santé de votre père est plus que satisfaisant. Je peux vous affirmer qu'il se porte bien. Mais il y a plus de trente six ans que vous avez été séparés. Tout comme vous, il a changé, ne l'oubliez pas...

Tout en parlant, le médecin dirigeait le petit groupe vers un salon-bibliothèque. A mesure qu'Harm avançait, les battements de son cœur s'accéléraient. Du seuil de la pièce, il aperçut l'homme assis dans un fauteuil de cuir. Serrant la main de Sarah un peu plus fort, il chercha ses yeux, afin d'y puiser toute la force de son amour. Il s'arrêta devant ce profil si semblable au sien, malgré les cheveux blancs… Clayton ressentit un pincement au cœur quand il les vit entrer. L'amour, la complicité se lisaient sur leurs visages, ils s'épaulaient une fois de plus… Nul ne séparerait jamais ces deux êtres, pensa-t-il s'avançant pour les saluer.

A cet instant, Hammer voyant le geste de Clay, s'était tourné vers la porte. Il se leva. Harm s'avançait seul. Père et fils se joignirent au milieu du salon, chacun ayant l'impression de se trouver face à une sorte de double. Ils s'étreignirent longuement, incapables l'un et l'autre de prononcer un mot...

Tom Boone sortit submergé par l'émotion. A.J. s'approcha de Mac. Durant quelques secondes, elle refoula un sanglot, l'Amiral l'attira contre lui.

Après quelques minutes qui parurent une éternité Hammer prit la parole :
- Harmon !… Il dévisageait son fils comme pour s'imprégner de son image. Où était le petit bonhomme trébuchant dans les coursives dont il gardait le souvenir ?…. Tom m'a dit que tu me ressemblais, je n'imaginais pas à quel point. J'ai l'impression de me revoir il y a bien longtemps….
- Pas tant que cela Papa, j'ai passé la quarantaine… Harm cherchait à retrouvé le visage gravé dans sa mémoire d'enfant sur les traits vieillis mais encore très beaux de l'homme dressé devant lui. Le regard bleu qui le fixait, était l'exact reflet du sien. Il tenait l'une des mains de son père dans les siennes, Hammer passa l'autre dans les cheveux de son fils. Ils étaient à peu près de même taille.
- Il paraît que tu t'es distingué dans notre métier… Hammer caressa les décorations, et les ailes d'or, avant de poursuivre. Tom m'a raconté, tu es un héros dans notre pays. Il est très fier de toi, mon garçon, presqu'autant que moi... Malgré le sourire qui illuminait son visage, les larmes lui coulaient le long des joues.
- Tom n'est pas très objectif Papa, tu es son ami, moi son filleul… Et il a été mon mentor….
- Ne me raconte pas d'histoire, Harm, j'ai aussi écouté l'Amiral et Clayton, ils te connaissent visiblement très bien. Ils sont unanimes. Ce que tu portes sur la poitrine, l'aurais-tu ramassé dans les couloirs du Pentagone ? Le Capitaine répondit par un sourire en étreignant son père une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:46

Restés un peu à l'écart, Mac et l'Amiral regardaient la scène surréaliste qui se déroulait devant eux. Tom Boone venait de les rejoindre, il s'était ressaisi, il ajouta :
- Je n'ai rien inventé ni embelli de tes exploits Harm. Vous aurez tout le temps d'en discuter tous les deux et je compte sur le Colonel pour confirmer mes dires, c'est bien la mieux placée pour cela, surtout pour les dix dernières années !…
- Papa, je voudrais te présenter quelqu'un de très important pour moi, Harm se tourna vers Mac, et lui fit signe d'approcher. Voici Sarah, le Colonel Mackenzie, ma future épouse.
- Je suis heureux de vous connaître, Sarah, permettez que je vous appelle ainsi, vous êtes presque ma fille. Ces messieurs m'ont parlé de vous. Je sais ce que vous avez fait pour mon fils et pour moi. Sa voix se brisa sous l'émotion.
- Ne me remerciez pas Monsieur, j'ai fait ce que mon amour me dictait, répondit Sarah au bord des larmes. Elle lui posa un baiser sur la joue.

Tenant Sarah serrée contre lui, Harm n'avait pas lâché la main de son père et ne le quittait pas du regard, sauf de temps à autres pour croiser celui de Mac. Il avait du mal à aligner deux pensées cohérentes. La vue de cet homme le bouleversait, c'était SON PERE !… Cependant, quelque part au fond de son cœur, la vieille blessure de l'orphelin, saignait encore… Il découvrit soudain que l'homme dont il tenait la main, s'exprimait avec la voix des cassettes qu'il avait écoutées des heures et des heures, s'imprégnant de leurs récits jusqu'à les connaître par cœur… Ce fil ténu avait forgé l'homme qu'il était aujourd'hui, tracé sa vie, sa carrière… Tous autour de lui attendaient qu'il parle, il en était incapable, sa gorge était nouée. Ses yeux le brûlaient.

La voix de Pierre le ramena à la réalité. Entrant dans le salon suivi de Karin, ils portaient chacun un plateau de toasts et du champagne :
- Voilà de quoi fêter dignement l'événement ! Vous devez avoir faim ?
- Excellente idée Docteur, j'aurais dû y penser avant vous, le félicita Tom Boone,
- Vous connaissez les français, Amiral, ils ne laissent jamais passer une occasion et celle-ci est de taille, j'aimerais en voir plus souvent.
- Merci infiniment Docteur, j'aurais pu également y songer mais…
- Vous avez d'autres soucis Capitaine,
- Docteur, pour les amis c'est Harm, je vous en prie.
- D'accord Harm, moi c'est Pierre, j'ai hérité comme vous, du prénom de mon père, ajouta-t-il en riant.

Mac s'était écartée pour aider Karin à faire le service.
- Moi c'est Mac, du moins pour ceux qui ne le sauraient pas encore !
- Je préfère Sarah, pour ma part, répondit Hammer… Tous le regardèrent. Pierre et Karin revoyaient le moribond amené par les touristes français, quelle transformation, un véritable miracle. Pierre reprit la parole :
- Hammer, c'est en votre honneur que nous buvons ce soir, ainsi qu'à votre fils Harm et à Sarah. Santé et bonheur à vous trois !
- Je vous remercie Pierre et vous tous qui vous êtes occupés de mon père. Se tournant vers A.J., Tom et Clayton, Harm ajouta : merci également de votre soutien et de votre efficacité, j'en connaissais déjà la grandeur, je la mesure une nouvelle fois. Il marqua un temps d'arrêt trop ému pour continuer, et reprit : je pense que nous aurons encore besoin de vous dans les semaines à venir, mais nous en reparlerons, n'est-ce pas Papa ?
- Nous en reparlerons en effet. Mais pour ce soir, profitons de ce moment. A mon tour de remercier ceux qui m'ont aidé à te retrouver mon garçon et à renouer avec la liberté. Je commençais à perdre l'espoir d'y parvenir un jour ! Mais çà c'est une autre histoire…

Ils levèrent leur verre et apprécièrent les plateaux de sandwichs. La tension tomba peu à peu. Certes, il subsistait nombre de questions. Harm voulait tout savoir. Il pensait à sa mère et à Sergei. Ces sujets devraient être abordés. Il s'en ouvrirait à Tom et à Sarah….

Un peu plus tard dans le Bureau de Pierre Thomas.

Profitant de l'ambiance détendue qui régnait parmi les convives, le Dr Thomas avait invité Harm et Mac ainsi que l'Amiral Boone à le suivre dans son bureau :
- Harm je suppose que vous souhaitez rapatrier votre père auprès de vous ?
- Si sa santé le permet, oui en effet, Londres n'est pas loin, mais nous avons été suffisamment séparés. Et puis nous avons des dispositions à prendre. Je dois prévenir ma mère et mon frère, mon père en a-t-il parlé ?
- Il s'est confié à moi sur ce sujet Harm, déclara Tom Boone. Je lui ai dit que ta mère et toi connaissiez Sergei. Je lui ai appris qu'il était marié à un officier de la Navy et vivait aux U.S.A.
- Voilà un problème réglé du moins en partie, conclut Pierre. Pour ma part, je suis en relation, comme vous le savez, avec l'Ambassade de France. Ils peuvent fournir à Hammer des papiers d'identité, avec votre témoignage Amiral Boone, afin qu'il puisse circuler. A vous de prendre le relais après être rentrés dans votre pays...
- C'est en effet, un problème auquel nous avons pensé Sarah et moi, cette solution me paraît très appropriée pour le moment. Je compte bien demander des explications à Washington, mais j'aimerais que mon père puisse avoir une identité reconnue en attendant.
- Si ton père est d'accord, je trouve cette solution inespérée. Elle peut lui permettre de voyager entre Londres et les USA afin de voir Sergei et ta mère, ajouta Sarah guettant la réaction d'Harm à l'évocation de ce point délicat.
- Je suis d'accord ma Chérie, c'est le meilleur moyen. Il le comprendra. Quant à ma mère …
- J'ai également parlé de cela avec ton père Harm. Le remariage de ta mère ne l'a pas étonné, au contraire. Il a lui-même vécu durant ces années. Sergei en est la preuve. Hammer n'a rien perdu de son intelligence, ni de son immense compréhension d'autrui, tu peux me croire.
- Tom, vous connaissez ma mère depuis près de cinquante ans ! Comment pensez-vous qu'elle va réagir en apprenant que le mari qu'elle croyait mort, est bien vivant, et qu'elle est ni plus ni moins mariée à deux hommes à la fois !

Harm était à bout de nerfs. Mac sentait sa main serrer son poignet. Ils évoquèrent les différents points indispensables à la nouvelle vie de Hammer. Quand ils le rejoignirent au salon où il était resté avec A.J, Clayton et Karin, la discussion battait son plein, Hammer voulant tout savoir de ses fils, de la vie aux U.S.A…. Vers minuit, Harm et Karin le raccompagnèrent à sa chambre.

Harm et Mac rentrèrent à leur hôtel avec Tom et A.J. Ils se séparèrent après un dernier verre.

Arrivés depuis quelques minutes dans leur chambre, Sarah observait Harm assis dans l'un des fauteuils, le regard perdu. Elle s'approcha et posa sa main sur sa nuque. Pour la première fois depuis leur rupture ils se retrouvaient seuls…
- Harm ? Comment te sens-tu ?
- Je ne sais absolument plus où j'en suis… Ce matin j'étais quasi seul au monde, célibataire et orphelin. Ce soir, j'ai retrouvé MON PERE… Et j'ai une femme adorable près de moi !… C'est un rêve ou un de mes éternels cauchemars ?
- C'est le bout de la route, mon Amour. Je suis là, bien vivante et décidée à rester si tu veux de moi. Je ne repartirai pas à San Diego, sauf pour y faire mes valises. Quant à ton père, il est bien là, lui aussi, à deux pas d'ici où il doit dormir tranquille pour la première fois depuis une éternité.
- Et nous ? Il l'attira contre lui. Les yeux sombres de Sarah brillants d'émotion, prirent des couleurs de rivages dorés….

Le désir qu'ils avaient l'un de l'autre effaça toute envie de sommeil. Mais le choc émotionnel restait présent à leur esprit, après qu'Harm se soit endormi la maintenant contre lui, Sarah demeura éveillée, veillant sur le repos de son amour retrouvé. Ils se levèrent tôt pour rejoindre Hammer.
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:47

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Allemagne - 10.12.2005


Harmon Rabb Senior attendait visiblement avec impatience l'arrivée de Sarah et Harm. Karin leur proposa d'aller s'installer dans le salon occupé la veille. Elle promit de leur envoyer leurs amis dès qu'ils se présenteraient.
- Vous êtes-vous reposés ? demanda Hammer. Vous avez fait un bien long voyage Sarah, vous êtes jeune et habituée, mais tout de même…
- Nous avons dormi Papa, suffisamment pour venir ici le plus tôt possible, répondit Harm. Nous avons hâte de comprendre par quel miracle tu es là…
- Tu peux parler de miracle mon garçon ! J'ai eu beaucoup de chance. Mais Tom m'a dit que tu avais recueilli nombre d'informations durant toutes ces année. Raconte-moi, çà écourtera peut-être mon propre récit. Parle-moi d'abord de ce que tu as fait pour en arriver là…
- Et bien, à 16 ans je me suis enfui au Vietnam, au hasard, sur les lieux dont tu parlais dans tes lettres. Çà n'a rien donné bien sûr. A mon retour, j'ai intégré Anapolis d'où je suis sorti pilote de chasse. Durant "Tempête du désert" un accident d'appontage m'a cloué au sol fin 1991, mon RIO a été tué, moi blessé assez sérieusement. J'ai gardé des troubles de vision nocturne. Alors j'ai fait mon droit et je suis entré au JAG. C'est là que j'ai connu Sarah un an plus tard !
- Ce fut une excellente rencontre. Vous me raconterez tout cela en détail… Ensuite ?
- J'ai souvent croisé d'anciens pilotes avec qui tu avais combattu, sans parler de Tom bien sûr. En 1999, après une opération chirurgicale, j'ai pu reprendre du service actif, mais j'étais trop vieux, j'ai réintégré le JAG, tout en restant pilote de réserve.
- Tu dois avoir un nom de code ?
- J'en ai eu plusieurs. En 99, mes camarades m'ont baptisé "Hammer" en ton honneur, depuis je vole sous ce pseudo. Père et fils échangèrent un regard plein d'admiration mutuelle, Harm reprit : les enquêtes menées pour le JAG m'ont conduit sur tous les porte-avions où tu as été affecté, jusqu'au Hornett… Il était déjà désarmé, mais j'y ai trouvé un carnet très convoité, comportant des noms d'officiers américains déportés en URSS. Tu y figurais ! Alors, j'ai recommencé à chercher sans cesse. Avec l'aide de Sarah qui m'a servi d'ange gardien et d'interprète en Russie et en Sibérie.
- Vous parlez le russe Sarah, j'aime beaucoup cette langue. Mais continue Harm, qui t'avait mis sur la voie, à part ce carnet ?
- Un Agent de la CIA et un dénommé Victor Loubov. Il m'a dit être ton ami, c'est vrai Papa ?
- Je lui dois la vie... Nous étions pilotes tous les deux. A ce titre il avait été chargé de m'interroger. Il s'exprimait parfaitement dans notre langue. Il m'a fait soigner, pour mieux me questionner ensuite. Durant près de deux ans, j'ai apporté des réponses à ses questions sur nos F5 qui détruisaient leurs bases de lancement de missiles.
- Il m'a raconté cela, ajoutant que tu lui avais fait de la désinformation…
- J'avais participé, avec les ingénieurs, à la mise au point du concept. J'ai réussi à mentir sans que les Soviétiques ne découvrent ma supercherie. En 1972, quand ils n'ont plus eu besoin de moi, ils m'ont expédié en Sibérie. Là j'ai travaillé dans divers endroits, usines, mines où j'ai été blessé. C'est à la fin de cette période, en 1980, que j'ai revu Victor et qu'une photo a été prise par le KGB. On me transférait à Béloïka d'où je me suis évadé deux ans plus tard !
- J'ai trouvée cette photo un matin sur mon bureau Papa, 18 ans après. Je l'ai montrée à Maman, mais elle n'a pas su me dire si c'était bien toi. J'ai continué à espérer. C'était une sorte d'obsession…

Harm s'arrêta la gorge nouée. Les souvenirs affluaient mêlés à la colère d'avoir échoué alors qu'il était sur la bonne voie… Les larmes roulaient sur son visage. Hammer et Sarah échangèrent un regard soucieux. Mac pressa doucement l'épaule du Capitaine, il lui rendit son geste en lui prenant la main.

Hammer tout aussi bouleversé, découvrait avec effroi, le terrible impact de sa disparition sur la vie de son fils. Il continua :
- Après cette mise en scène je n'ai plus revu Louchov, ni aucun de ceux figurant sur la photo. Durant toutes ces années, j'ai vécu comme j'ai pu, une femme chez qui je logeais, m'a beaucoup aidé, son mari et ses deux fils avaient été tués pour raisons politiques en 1975. Elle était en résidence surveillée près d'Irkoutsk où je vivais depuis 1974. Nous avons eu une liaison, nous étions jeunes et n'avions plus rien en ce monde ! Quand je l'ai quittée en 1980, je craignais qu'elle soit en grand danger. J'ai appris plus tard, qu'elle avait été tuée quelques jours après mon départ !
- C'est affreux… Mais qu'as-tu fait à partir de 1980 ? On était encore loin de l'ère Gorbatchev ?
- Comme je te l'ai dit, je me suis évadé en 1982. Après, j'ai travaillé çà et là, dans des usines, des kolkhozes. Je n'ai jamais eu faim… Parlant russe, je passais pour un des leurs et ce jusqu'à fin 1999, début 2000. A partir de ce moment le travail a manqué !… Je suis parti vers l'ouest, vivant au jour le jour en évitant les villes. Je suis entré en Pologne, comme nombre de russes, avec l'aide de paysans, en avril 2004. J'y suis resté jusqu'au mois de juin dernier. Là, c'est un chauffeur routier qui m'a amené à Berlin. Il se tut un instant avant de conclure : ce qui m'a sauvé je crois, c'est la volonté de revenir et une solide constitution...

Il parlait sans remarquer son visage inondé. Harm prit la main de son père et après quelques minutes, demanda :
- Papa ! As-tu vécu dans une ville du nom de Svischevo en Sibérie ?
- Pas que je me souvienne, pourquoi cette question Harm ?
- Tu sais qu'avec Sarah nous sommes partis à ta recherche. A Moscou d'anciens agents nous ont conseillé de nous rendre dans cette ville. C'est là qu'une femme, Darina, nous a appris ton décès.
- Mais comment êtes-vous arrivés jusque là, pas avec l'Aeroflot j'imagine ?
- Non, avec un MIG 29 qu'Harm a volé au beau milieu d'un aéroport militaire près de Moscou expliqua Sarah. Nous avons été abattus près du Lac d'Outchinskoyé et ce sont des Roms qui nous ont sauvé la vie….
- Seigneur ! Comment vous en êtes-vous sortis ? Hammer les regardait ébahi.
- Le Gouvernement Russe avait annoncé l'événement à sa façon. L'Amiral Chegwidden n'a pas cru la version officielle. Il est venu à Moscou avec Webb. Les diplomates ont fait le reste.
- Qui vous a dit que j'avais été tué, demanda Hammer se tournant vers Sarah ?
- Un certain Sokol, un espion rencontré à bord du Hornett, nous a mené à cette Darina. Elle nous a parlé d'un homme appelé "Tsé -Tsé", mort sous les balles de soldats russes quinze ans plus tôt.
- Cette femme nous avait donné des détails troublants, ajouta Harm, auxquels j'ai cru au fur et à mesure que Sarah les traduisait… Ou tu l'as connu, sous un autre nom peut-être, ou elle était parfaitement briefée.
- De retour à Moscou, compléta Sarah, nous avons rapporté cet entretien à Clayton et à l'Amiral qui ont comme nous adhéré à cette version.
- Je n'ai jamais mis les pieds dans cet endroit. Cette femme était vraisemblablement en service commandé, ce n'était pas rare hélas !

Hammer se tut. Revivait-il à travers son récit, les souffrances endurées ? Sarah attendait, émue à l'extrême, une question lui brûlait les lèvres : Sergei ! Hammer dût lire dans ses pensées :
- Tom m'a parlé de Sergei ! Qu'as-tu pensé à ce sujet, m'en as-tu voulu ?
- Pourquoi ? J'avais tant rêvé d'un frère durant mon enfance… J'ai pris çà comme un cadeau, je te croyais mort… A l'exception de Maman, j'étais seul au monde, et puis, j'étais suffisamment mature pour comprendre…
- Tu l'a rencontré en Russie je crois,
- Oui, Sarah et moi allions aider la Marine Russe à instaurer un système analogue à celui du JAG.
- Vous étiez encore du voyage Petite ! Vous parlez russe c'est vrai. Mais vous êtes liée à tous les grands moments de la vie de mon fils, Sarah..
- Bien plus que tu ne peux l'imaginer. Et c'est pour çà qu'elle est là Papa, je voulais qu'elle entende ton récit tout comme moi… Sergei l'aime beaucoup… Mais toi, tu ne le connais pas ?
- Ma relation avec sa mère, n'a duré que quelques mois. Elle a disparu du jour au lendemain, je la savais enceinte… Mais c'était bien avant la naissance de Sergei… C'est Tom qui m'a appris l'existence de ton frère…
- Vous avez les mêmes yeux bleus, le même amour du pilotage, le même métier. Il est blond avec des cheveux bouclés et un sourire très "Rabb", énuméra Mac, un petit sourire au coins des lèvres.
- Il te racontera son parcours, sa vie n'a pas été de tout repos… C'est vrai que nous nous ressemblons…

L'Amiral Boone allait entrer dans le salon quand il entendit Harm. Il comprit très vite l'objet de la conversation. Il pensa les laisser évoquer cette incroyable épopée, puis se ravisa. Ils ne vont pas passer leur temps à ressasser leurs souvenirs, se dit-il. Il faut leur faire comprendre leur chance d'être réunis. Il y aura sous peu les retrouvailles avec Trich et Sergei…

Il ne vit pas Sarah venir vers lui.
- Bonjour Amiral, vous ne vous joignez pas à nous ?
- Si bien sûr ! Comment vont-ils tous les deux, ils sont en pleine discussion…
- Nous sommes là depuis 9 h, après une promenade vers le lac. C'est magnifique ces arbres gelés, il faisait froid, mais c'était ce qu'il fallait pour Harm.
- Mac, je voudrais qu'ils apprécient leur chance. Je ne veux rien minimiser, mais ils doivent regarder vers l'avenir. Hammer n'a plus vingt ans… Il a un moral d'acier, nos conversations me l'ont démontré. Mais Harm est plus vulnérable. Des deux, c'est lui qui m'inquiète.
- Je le sais Monsieur ! Depuis l'accident de Mattie, il a accumulé les coups durs, en plus de ce drame, il a très mal vécu son départ de Washington où il a dû la laisser pour sa rééducation.… Quant à moi, j'y ai ma part, le cancer dont j'ai été atteinte, m'a fait annuler notre mariage et je suis partie à San Diego… Dieu sait que je m'en veux, mais le mal est fait…
- De quoi aviez-vous peur, qu'il vous voit malade ou pire encore ? S'il vous arrivait malheur, Mac, sa vie serait plus dévastée qu'un champ de bataille… L'éloigner de vous n'y changera rien.
- Je l'ai compris, mais j'ai pris cette décision sous le choc et pressée par une mutation immédiate. Il ne s'est pas passé un jour sans que je la regrette amèrement Amiral... Sauf depuis vendredi !
- Dois-je préparer mon uniforme de cérémonie Colonel ?
- J'y compte bien Amiral ! Mais un autre problème va se poser : Trich. Comment réagira-t-elle, s'il doit être partagé entre les deux…
- Hammer a très bien compris le remariage de Trich. Tout comme elle a accepté Sergei ! Çà ne doit pas arrêter vos projets et ce sera merveilleux pour Hammer.

Il se garda bien de lui faire part de ses propres interrogations. Il connaissait peu Sarah avant ce séjour berlinois, il découvrait une jeune femme sensible, intelligente, courageuse à plus d'un titre, sans parler de sa beauté. Il comprenait pourquoi Harmon en était tombé amoureux au point de n'en vouloir aucune autre. Elle avait tout pour elle. Ils échangèrent un regard entendu et entrèrent dans le salon.

Tom salua ses deux amis. Comme il l'avait pressenti, le plus ébranlé était Harm, son père semblait plus serein. L'Amiral Chegwidden et le Dr Thomas arrivèrent quelques minutes plus tard. Un brouhaha s'éleva, mettant ainsi une joyeuse animation. Lorsque Karin entra avec une cafetière fumante, elle fut chaleureusement accueillie. Dehors il neigeait. Le feu ronflait dans la grande cheminée. Sarah perçut enfin dans le regard de son Capitaine la lueur malicieuse qu'elle aimait tant.

En ce samedi, aucune démarche ne pouvait être entreprise auprès de l'Ambassade de France pour les papiers de Hammer. L'Amiral Boone profita de la matinée pour retrouver le "gasthaus" (auberge) fréquenté lors de son séjour à Berlin au retour du Vietnam. Il avait décidé d'y convier ses amis.
- J'ai réservé pour 13 H. Vous verrez c'est un endroit agréable. Un excellent remède pour le moral !
- Qu'en pensent nos Pilotes ? Pour moi c'est une très bonne idée Amiral, dit Pierre, A.J. acquiesça
- Papa ? Que dirais-tu de l'aventure ?
- J'ai totalement oublié à quoi çà ressemble, mais je suis tenté de redécouvrir mes amis…

Ils s'entassèrent dans la voiture de Pierre et arrivèrent à une petite auberge en rondins de bois, posée sur la neige au bord d'un lac gelé. Le paysage blanc et rose, brillant de mille éclats sous le soleil, rappela à Hammer la Sibérie. Il en fit la remarque à Harm et Sarah. Ils déjeunèrent dans la bonne humeur, et rentrèrent vers 17 H au Centre où Karin et le Dr Zeagler les attendaient. Ils s'installèrent au salon devant des boissons chaudes, la conversation repartit de plus belle.

Hammer chercha des yeux la haute silhouette de son fils. C'était plus fort que lui, depuis leurs retrouvailles, il avait toujours besoin de le voir ou de savoir où il se trouvait. Il vit Sarah seule, assise dans un grand fauteuil, elle lui parut lasse, fragile. Dieu qu'elle est belle, je comprends pourquoi Harm, en est fou amoureux, pensa-t-il. Quel couple ils forment ! Ils portaient tous les deux une tenue un peu sportive, appropriée à l'hiver berlinois.

Il avait été frappé par la beauté physique de son fils. Comme tout père, il en était très fier, d'autant que ses qualités d'homme étaient tout aussi admirables. Quant à cette jeune femme, Colonel de Marines… A.J. et Tom lui avaient conté en partie son histoire, elle méritait amplement son admiration et sa joie de la voir devenir sa belle-fille.
- Vous semblez fatiguée mon petit ? Sarah sursauta avant de répondre, il s'exprimait en russe
- Non Monsieur, poursuivit-elle dans la même langue, peut-être un peu distraite, et puis j'ai perdu l'habitude de ces réunions.
- Moi aussi… Mais faites-moi le plaisir de m'appeler "Hammer" comme tout le monde. C'est ainsi depuis la naissance d'Harm, être deux à porter le même prénom, n'est pas simple, où est mon fils ? Qu'a-t-il de si important à faire pour vous avoir abandonnée ?
- Il est parti avec Pierre. Il a plusieurs coups de fil à passer, et ici, c'est un peu bruyant !..
- Quand nous aurons un peu de temps, j'aimerais que vous me parliez de vous, de votre carrière, A.J. m'a fait vos louanges, et on ne devient pas Colonel de Marines sans avoir donné de sa personne.
- C'est vrai, pourtant rien ne m'y prédestinait, la vie en a décidé ainsi. Je vous expliquerai. Merci de m'accueillir avec autant de gentillesse. Elle se leva après l'avoir embrassé sur la joue.
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sylvie94
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:51

Bureau de Pierre Thomas - Centre des O.N.G. - 10.12.2005

Harm s'était esquivé avec Pierre, pour se réfugier dans le bureau de ce dernier :
- Vous profitez des dimanches pour prendre un repos bien mérité, Pierre ?
- En général, j'essaie. Mais que çà ne vous empêche pas de restez ici tant que quand vous le souhaitez, vous y êtes mieux qu'à l'hôtel.
- J'accepte volontiers. J'ai appelé mon frère en début d'après-midi. Il veut parler à notre père, j'ai pensé que nous y serions au calme.
- Bien entendu Harm, le salon est à votre disposition comme mon bureau. Hammer est prévenu ?
- Pas encore, je voulais voir avec vous, avant de l'avertir. Je crois qu'il sera content !
- N'en doutez pas !… Il y a longtemps que je fais ce métier Harm, je n'avais jamais vu çà ! Votre père est indestructible…
- Vous avez des têtes de conspirateurs, lança Sarah en entrant à son tour.
- C'est à peu près çà, ma Chérie, Pierre nous accorde l'hospitalité pour nos réunions de famille. Je dois appeler Sergei dans une heure pour qu'il parle à mon père !
- Sergei ! Comment a-t-il pris la nouvelle ?
- J'ai parlé à Lauren, elle a fait comme toi, elle s'est chargée de l'avertir… Ensuite il m'a téléphoné… Il peine à y croire… Je viens de demander à Harriett de prévenir Mattie… Reste Maman !
- Harm, pour Trich, il faudrait demander l'aide de Franck et peut-être lui annoncer de vive voix, plutôt que par téléphone. Ce serait bien que ce soit toi, je t'accompagnerai si tu le veux.
- C'est une solution… Après avoir eu Sergei, nous appellerons Franck.
- Excellente idée Mac, si je peux me permettre. Vous faites une sacrée paire tous les deux ! conclut Pierre avant de s'éloigner.

Quelques heures plus tard, Hammer raccrochait le téléphone. Durant près d'une heure, il s'était entretenu en russe avec Sergei, ce qui avait facilité la conversation… Harm et Mac guettait sa réaction. Sarah avait traduit en partie pour Harm… Apparemment, les liens s'étaient vite noués.
- Harm ! je suis heureux d'avoir pu communiquer avec Sergei et son épouse. Quand penses-tu que je pourrais en faire autant avec ta mère ? L'as-tu avertie ?
- Non Papa, pas encore… Nous pensons Sarah et moi qu'il vaut mieux que je lui apprenne ton retour de vive voix. Je vais essayer de parler à mon beau-père dans la soirée…
- Fais pour le mieux mon garçon. Mais je n'aimerais pas qu'elle découvre ma "résurrection" par hasard…
- Ne t'inquiète pas, nous pouvons compter sur la discrétion de mon frère….

Suivant leur idée, Harm et Mac appelèrent Franck et Trich prenant pour prétexte, leur réconciliation. Après s'être entretenu avec Franck, Harm entendit la voix de Trich :
- Bonjour Maman, tu as entendu ce que je viens d'annoncer à Franck. Tu es heureuse, je pense !
- Comment ne pas l'être Harm. Tu sais que j'en ai toujours rêvé ! Quand venez-nous nous rendre visite ?
- Nous venons à Washington passer les fêtes avec Mattie, nous essaierons d'aller jusqu'à La Jolla…
- Nous vous attendons impatiemment, à bientôt mon Chéri...

Harm avait eu le temps d'exposer à son beau-père le réel motif de son appel. Eberlué, Franck s'était fait répéter par deux fois l'information, avant de faire la promesse à Harm de préparer Trich au choc qu'elle recevrait sous peu.

Lindenufer Hôtel - Berlin
Allemagne - 10.12.2005


Au sortir de l'auberge, l'Amiral Chegwidden était rentré à l'hôtel. Il voulait être un peu tranquille pour passer quelques communications téléphoniques. Il commença par appeler sa fille, pour lui résumer l'évolution des événements. Puis il composa un autre numéro :
- Bonjour, Monsieur le Secrétaire d'Etat, Chegwidden à l'appareil
- Bonjour A.J. quel plaisir de vous entendre ! Laissez le " Secrétaire d'Etat", c'est du passé, que me vaut cet appel ?
- Si vous avez un moment, Monsieur, j'aimerais vous entretenir d'une affaire, qui risque d'avoir un certain retentissement dans les jours à venir…
- Je vous en prie, dites-moi …
- Et bien, j'imagine que vous vous souvenez du Capitaine Rabb, l'un de mes officiers au JAG ?
- Certainement, d'autant qu'il s'est encore remarquablement illustré après mon départ…
- Cet exact. Je voulais vous faire savoir que son vœu le plus cher venait d'être exhaussé. Il a retrouvé son père, il y a quelques jours.
- Pardon ! Vous voulez dire, qu'il a connaissance du lieu exact de sa disparition ?
- Oui Monsieur, de la bouche même de Harmon Rabb Senior, qui est bien vivant, j'ai encore déjeuné avec lui aujourd'hui. Ce n'est pas un mystificateur, les tests ADN le prouvent.
- Ce n'est pas croyable Amiral ! Où avez-vous rencontré cet homme ?
- A Berlin où il vivait depuis quelques mois, après des années de captivité en Russie où il fut déporté, malgré les affirmations contraires émanant du Pentagone, de vos services en particulier.
- Que puis-je faire pour lui A.J. ?
- Au rien, Monsieur, son fils va s'en charger avec mon aide et celle de quelques amis, mais je voulais vous avertir avant que la nouvelle ne se répande.
- …..
- Pardonnez-moi de vous avoir dérangé, Monsieur. Au plaisir !

Il raccrocha le combiné et ne put s'empêcher de rire. Il imaginait la tête de l'ancien Secrétaire d'Etat après la révélation qu'il venait de lui faire. Le processus de retour parmi les vivants de Hammer était amorcé. Satisfait de sa démarche, il quitta l'hôtel en direction du Centre d'hébergement.


Centre International des O.N.G. - Berlin
Allemagne - 10.12.2005


L'Amiral allait entrer dans le salon quand Harm et Sarah apparurent au bout du couloir. Ils se tenaient enlacés, il les découvrait sous cet aspect, visiblement, ils étaient heureux !…
- Où en sont vos affaires tous les deux ? Je veux dire pour votre père,
- Nous progressons Monsieur, répondit Harm en souriant, mais en gardant jalousement Sarah près de lui. Mon père vient d'avoir une conversation avec Sergei et Lauren, çà c'est très bien passé !
- Vous aviez prévenu votre frère à l'avance, j'imagine ?
- J'ai appelé après le déjeuner. Espérant tomber sur Lauren, ce fut le cas. Comme Sarah, elle l'a averti du retour de notre père. Le fait qu'ils parlent russe tous les deux, a facilité l'entretien.
- Voilà une bonne chose, et… pour votre mère ?
- Sarah m'a suggéré de voir avec mon beau-père, ce que nous venons de faire. Nous avons pris pour prétexte nos retrouvailles… Nous pensons nous rendre à La Jolla pour que je puisse parler face à face avec ma mère.
- Vous avez raison, votre beau-père approuve, je suppose ?
- Totalement. Il nous reste à patienter jusqu'à lundi pour aller à l'Ambassade de France, et pour que j'appelle à Washington. Je vais devoir rester absent plus longtemps que prévu.
- A propos de Washington, je viens de m'entretenir avec notre ami l'ancien Secrétaire d'Etat Nelson, je me suis permis de l'avertir du retour de Hammer… J'espère qu'il ne va pas avoir un malaise cardiaque…
- Amiral ! Vous êtes féroce …
- Je lui en avais fait la promesse un jour où il voulait m'empêcher de prendre l'avion pour Moscou, je ne voulais pas me dédire, conclut-il un sourire au coin des lèvres.

Lindenufer Hôtel - Berlin
Allemagne - 15.12.2005


Il était encore très tôt et la neige qui recouvrait la ville, l'enveloppait d'un halo de blancheur. A travers les rideaux, la douce lueur teintée de rose annonçait le levé du jour. Harm était éveillé, Sarah dormait encore, ses longs cheveux formant une auréole sombre sur l'oreiller. Elle prononça quelques mots incompréhensibles et vint se blottir contre lui. Six nuits consécutives les avaient réunis, il n'arrivait pas à s'en convaincre, pourtant il lui semblait qu'elle était là depuis une éternité. Il avait tant attendu ! Comme le retour de son père !… Lui aussi, devait être déjà réveillé, avant la fin de ce jour, il aurait regagné les Etats Unis… Posant un baiser léger sur le front de Sarah, Harm se souvint de leur conversation trois jours avant :
- Comment se fait-il que Sarah et toi, n'ayez pas fondé une famille ? Vous êtes très amoureux et depuis longtemps, semble-t-il ?
- C'était compliqué Papa ! J'ai vécu, depuis ta disparition, enfermé dans une tour d'ivoire dont personne n'a franchi la porte, à l'exception de Sarah… Mais il y avait le règlement militaire draconien, nous travaillions ensemble. Nous avions peur de perdre une amitié précieuse. J'hésitais à m'engager… Je pensais que nous avions le temps. Nos vies étaient différentes. J'ai tenté de l'oublier avec d'autres, en vain…. Et j'ai failli la perdre….
- Harm ! Harm !…. Il sursauta entendant la voix de Sarah… Çà ne va pas ?
- Si ma Chérie, j'étais dans mes pensées, tu dormais si bien. Il l'attira à lui et l'embrassa.

Vers 8 H quand ils sortirent de l'hôtel, le vent glacé leur cingla le visage, ils se hâtèrent vers le centre. Dans environ deux heures, ils voleraient vers Washington où les attendraient Sergei, Lauren et Mattie.

Le dimanche matin Tom Boone et Harm avait fait une grande promenade au bord du lac. Durant plus d'une heure, l'Amiral lui avait démontré le côté inespéré de l'événement, en bref, la nécessité de se réjouir du dénouement miraculeux de l'épopée de son père et d'en profiter pleinement… Harm était rentré réconforté, une discussion avec Sarah et Hammer lui avait définitivement rendu sa joie de vivre. Dès le lendemain, il avait entrepris avec son père les démarches nécessaires à la "Résurrection" de ce dernier et réglé ses affaires à Londres et Washington. Là encore le Général Cresswell s'était montré très compréhensif !

Depuis la veille, Harmon Rabb Sr avait un passeport, il était officiellement revenu parmi les vivants… Dans la soirée un repas avait réuni Pierre, Rudy, Karin et les "américains" à l'exception de Clayton, reparti pour l'Asie. L'ambiance fut joyeuse bien que teintée d'un peu de tristesse due à la séparation. Chacun porta son toast. En se quittant, ils se promirent de se revoir, en Europe ou aux U.S.A.


Centre International des O.N.G. - Berlin
Allemagne - 15.12.2005


En arrivant au Centre, Harm et Mac s'engouffrèrent dans le hall. Pierre les guettait.
- Entrez vite vous réchauffer, il y a des boissons chaudes … et un homme impatient de vous voir !
- Nous n'en doutons pas, allons-y, dit Harm se dirigeant vers le salon.
- Bonjour Papa, tu es prêt semble-t-il,
- Je dois dire, que je n'ai pas trop dormi, je me rattraperai dans l'avion… Vous avez l'air gelé Sarah,
- Il fait un froid de loup ce matin, lui répondit-elle, avant d'ajouter avec un sourire taquin, il y a 10 cm de neige à Washington !… Espérons que nous pourrons atterrir ! Un éclat de rire général ponctua sa réplique.

Il était 10 h 40 quand l'Airbus de la Lufthansa quitta le sol allemand. Parmi les passagers, assis entre son fils et son meilleur ami, un héros de l'Aéronavale US reprenait le chemin du ciel pour la première fois depuis trente six ans.

Il volait vers son pays, vers la vie, vers la liberté ….
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 1:54

EPILOGUE



Résidence des Roberts
Virginie - 25.12.2005


Un coup frappé à la porte tira Sarah de sa rêverie. Avant qu'elle n'eut le temps de réagir, le visage d'Harriett apparut dans l'entrebâillement de la porte.
- Sarah, je ne vous dérange pas j'espère ? Il y a un bon moment que vous êtes montée, tout va bien ?
- Oui Harriett ! Comme d'habitude j'étais dans mes pensées… Et j'avais besoin d'un peu de calme !
- Je vous comprends, c'est un peu bruyant en bas. Je viens de coucher les jumeaux, A.J. Jr et Jimmy, sont en train de dîner, avant d'aller dormir eux aussi… Harm m'a demandé où vous étiez, votre présence commence à lui manquer !
- Je vais me changer et je redescends aussitôt, à moins que vous n'ayez besoin d'aide ?
- Mattie et Jennifer ont pris les choses en main, alors pas de souci ! Prenez votre temps.

De nouveau seule, Sarah retourna vers la fenêtre. Les lumières du sapin dessinaient des taches multicolores sur la neige du jardin. La nuit était tombée... La seconde depuis qu'à l'hôpital de Bethesda, elle avait appris qu'elle était hors de danger, rien ne s'opposait plus à la demande réitérée d'Harm de prévoir leur mariage pour l'été prochain !… Hammer était de retour après trente six ans, entouré de ses fils !...

Deux véritables miracles !…

Elle passa une robe d'un bleu vif particulièrement seyant. Elle compléta sa tenue par des boucles d'oreille garnie d'un fin rubis, cadeau d'Harm pour Noël, et une touche de parfum. Elle quitta la chambre et descendit.

Arrivant dans le salon, elle trouva Harm bavardant avec son père. Visiblement ils venaient de rentrer, une certaine émotion marquait encore leur visage, une dernière fois, ils étaient aller se recueillir au Mur des Vétérans du Vietnam. Ils remarquèrent son arrivée, elle leur sourit et se dirigea vers eux.

A mesure qu'elle approchait des deux hommes, le visage d'Harm s'éclairait de son sourire légendaire et ce regard !… Dans ce havre de paix bâti par Harriett pour sa nichée, et pour la première fois depuis sa petite enfance, l'homme qu'elle aimait, connaissait un véritable Noël !… Comme elle, il goûtait chaque instant de cette fête afin de garder le moindre détail, gravé à l'esprit. Une seule ombre marquait ce tableau : Trich, très ébranlée, avait décliné l'invitation, préférant partir en croisière avec Franck. De Grèce, elle leur avait expédié un fax de bons vœux, le matin même.


Alors qu'Harm l'attirait contre lui, Sarah remercia le Ciel pour les miracles qu'il venait d'accomplir….


FIN

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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 2:02

amour J'ADORE cheers J'ADORE.... amour amour amour amour amour amour amour
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 2:07

Merci Ginie.... tu n'es pas très impartiale, sur cette fic... tu aimeras peut-être moins la prochaine... lol!

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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Mer 6 Déc - 15:45

J'aime beaucoup cette fic, Sylvie, et ça m'a fait plaisir de la relire.
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MessageSujet: Re: Papa Charlie...   Jeu 7 Déc - 23:24

Voilà une fic que j'adore ! Merci sylvie de nous la faore partager, découvrir ou redécouvrir ! C'est toujours un plaisir !

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